4. Indications et contre-indications

Comme chacun sait, la mélanine est un pigment responsable du bronzage quand on s’expose au soleil. Cette mélanine cutanée, dont la quantité varie selon le type de peau et les facteurs ethniques, absorbe une partie de l’énergie du laser. C’est pourquoi le médecin doit établir le phototype du patient selon la classification standard de Fitzpatrick et procéder éventuellement à des tests pour déterminer le réglage optimal des paramètres du laser.

1. Le laser ne peut pas détruire les poils blancs
Ou le mince duvet très clair qui contiennent peu ou pas de mélanine. Cela tombe bien car ce n’est généralement pas ce type de patient qui présente des problèmes pileux, une épilation définitive ne pourrait être obtenue dans ce cas qu’avec l’épilation électrique.

2. Attention au duvet: risque de stimulation
Le faible calibre d’un duvet explique que celui-ci ne soit pas capable d’accumuler énormément de chaleur lorsqu’il est « flashé ». Cette chaleur sera suffisante pour faire détacher la tige et le bulbe, mais insuffisante pour léser les cellules germinales.
Il s’ensuit que face à cette agression, le duvet risque de se trouver stimulé pour se transformer en poil terminal.
Il faut donc aborder avec la plus grande circonspection le traitement de zones comme les cuisses, le cou ou les favoris chez les femmes. Les zones ne comprenant que du poil terminal comme les aisselles, les jambes, le maillot, ne présentent pas ce risque de stimulatioon.

3. Les blondes sont maintenant parfaitement traitées
Par le laser pour peu que le médecin soit expérimenté et bien équipé ! L’inconvénient tient au fait que le poil faiblement pigmenté ne pourra pas développer beaucoup de chaleur, donc on sera obligé d’effectuer plus de séances pour obtenir le même résultat que chez une brune. L’avantage cependant tient à la peau claire qui autorise de traiter énergiquement dès les premières séances.

4. Les peaux mates et noires se traitent avec prudence
Et éventuellement avec un laser Nd : YAG (voir ci-dessous).

On voit ici une aisselle traitée sur une petite zone (qui apparaît claire). A droite, chez cet autre sujet au phototype très élevé, on peut voir comme le traitement respecte bien la peau, sans que la moindre brûlure ne se produise, tout en apercevant de nombreuses papules qui signent un traitement efficace.

5. Le bronzage est l’ennemi de l’épilation au laser
Puisqu’il peut conduire à une brûlure de la peau s’il est récent, et détourne une partie de l’énergie lumineuse du laser au détriment de celle délivrée au bulbe pileux.

6. Les peaux claires aux poils foncés
Réunissent les conditions idéales du traitement. Ce sont aussi celles des personnes qui souffrent le plus des désagréments esthétiques posés par la pilosité.

Les effets de la chaleur produite par laser épilatoire
La lumière du laser est absorbée par la mélanine du poil, que l’on rase avant le traitement, pour éviter de perdre l’énergie délivrée et de chauffer la peau inutilement.
Par chance, le poil se comporte en accumulateur de chaleur, alors que la peau se refroidit très vite. On utilise cette intéressante propriété pour chauffer le bulbe sans dommages pour la peau.

Après chauffage, le poil libère l’énergie calorique accumulée et celle-ci se disperse alentour pour détruire à son tour ses structures annexes, le bulge et la matrice germinative, lieu de synthèse des nouveaux poils.

Protéger la peau
La couche superficielle de la peau (épiderme) est le maillon faible de l’épilation laser ou électrique : il faut chauffer les poils en profondeur mais respecter la surface de la peau.
D’où la Troisième règle de l’épilation laser : s’assurer que le laser soit muni d’un système de refroidissement cutané efficace. Les effets secondaires (légères brûlures superficielles et troubles de la pigmentation) ne surviennent que parce que la peau a été touchée.
On aide donc désormais la peau à conserver une température basse en la refroidissant activement. A la glace et aux gels appliqués à même l’épiderme ont succédé des techniques plus élaborées comme la projection de gaz cryogène ou un souffle continu d’air froid.
Souvent, les appareils de refroidissement cutané brillent autant par leur encombrement que par leur efficacité. Avec l’évolution de la technique, ils sont devenus presque aussi volumineux que les lasers. Mais ils sont un gage de tolérance et d’efficacité. Ils ont également un effet d’anesthésie locale en abaissant la température de la peau.

Le CrioJet représenté ici projette un flux d’air constant à -60°. Il offre un refroidissement cutané avant pendant et après le tir, et assure un très bon confort au patient.
Les complications cutanées du laser épilatoire sont de plusieurs types. La plus évidente est la brûlure, toujours très superficielle. Mais il peut se produire aussi des troubles de la pigmentation comme une hypopigmentation si les cellules fabriquant la mélanine (les mélanocytes) ont été détruites et plus volontiers une hyper-pigmentation, c’est à dire des taches foncées. Avec un équipement correct, ce genre d’accidents n’arrive pour ainsi dire jamais sur les peaux claires.
Sur les peaux plus foncées, le laser a le même effet qu’une forte exposition au soleil et peut produire des variations de la pigmentation, qui en général retourne rapidement à la normale mais parfois un délai de plusieurs mois peut être nécessaire pour revenir à une peau exempte de trace!

Apport de l’homéopathie
Il est fascinant de voir comment la technologie la plus sophistiquée bénéficie de l’apport d’une science médicale naturelle que je pratique depuis 20 ans. Des années de confrontation à des affections dermatologiques les plus variées m’ont conduit à rechercher les traitements homœopathiques les plus ciblés.
L’eczéma, le psoriasis, le vitiligo par exemple, représentent l’expression locale d’un trouble généralisé. La médecine classique échoue en les traitant localement car ces affections nécessitent la recherche précise du médicament le mieux indiqué en fonction de l’ensemble des signes et des symptômes du patient. Dans ce cas, le traitement homœopathique sera administré par voie interne exclusivement et sa posologie réglée précisément.
Ici, le rôle de l’homéopathie est essentiel pour parvenir à traiter des affections hormonales comme le syndrome des ovaires polykystiques, qui se manifeste en autres par une pilosité excessive. Seule la détermination d’un médicament basé sur les signes constitutionnels permettra de traiter l’affection, de rétablir un climat hormonal normal et de contribuer ainsi à la réussite de l’épilation laser.
Par contre, les lésions externes superficielles comme les plaies, les abrasions, les brûlures, et les érythèmes solaires demandent en général un choix moins spécifique dans une palette de médicaments plus restreinte et répondent bien à des applications locales.
Malgré toutes les précautions prises pour ne pas léser la peau, sortir d’une séance de laser avec une rougeur à la base de chaque poil reste inévitable ; c’est même un effet que l’on recherche cliniquement afin de s’assurer d’avoir administré assez d’énergie pour détruire le bulbe. Ces signes sont appelés l’érythème et l’œdème péri folliculaire. Voici quelques exemples :

Ici on aperçoit la surface d’un bikini juste après le traitement. Tous les poils traités sont maintenant gonflés, à cause de la chaleur qui a été générée en leur sein (50 à 80° environ).
Nous voyons ici combien la pilosité du bikini peut devenir une véritable corvée, surtout quand elle présente une telle étendue. Juste après le tir, en effet, la position de tous les poils se trouve révélée par les rougeurs et les gonflements.
Sur le premier gros plan ci-dessous, on voit mieux la surface des poils calcinés, et l’ampleur des gonflements à la base des bulbes traités, témoins de l’efficacité du tir.

Chez cette autre patiente, la multitude de bulbes oedèmatiés gondole littéralement la peau. Au toucher c’est comme si une multitude de grains de riz étaient présents sous la surface cutanée.
L’œdème, aussi spectaculaire soit-il, est complètement indolore et dure 20 à 40 minutes puis régresse. Les rougeurs et les gonflements quant à eux peuvent durer de quelques heures à quelques jours selon l’intensité du traitement (plus le poil est profond, plus il faut être énergique).

En cours de séance, nous pulvérisons la surface traitée aussi souvent que nécessaire avec un spray homœopathique, ou bien nous utilisons un gel d’Aloe pur dont les effets sont remarquables. Bien entendu, chacun est libre de ne pas en pulvériser de partout afin de constater l’effet souvent spectaculaire du traitement dont l’intérêt est double :

  • les effets secondaires désagréables sont réduits au
    strict minimum,
  • le laser est bien mieux toléré ce qui permet de délivrer de plus fortes fluences et de diminuer le nombre de séances pour obtenir une épilation définitive.

Une étude à grande échelle pour établir des statistiques fiables sera sans doute utile un jour. Nos patients et nous mêmes sommes très satisfait des résultats accumulés au terme de plusieurs années d’expérience. Nous espérons que le traitement homéopathique connaîtra dans les années à venir l’essor qu’il mérite auprès de nos confrères.